Le film Magical Doremi – CGR Brignais – Juin 2022

Vendredi 17 juin 2022
Projection du film commémoratif du 20ème anniversaire de Magical Doremi.
Magical Doremi à la recherche des apprenties sorcières.
Séance exceptionnelle JAPANIM CINE MATSURI par All The Anime et CGR Cinémas, en présence de Haruka Kamatani (鎌谷悠) et Hiromi Seki (関弘美).

J’ai eu la chance de pouvoir être présent à cette séance et je vous partage mon expérience.

Magical Doremi est un dessin animé qui a bercé une partie de mon enfance et de mon adolescence. Je regardais les épisodes à la télévision quand j’étais au collège lors de la pause midi sur la 5. L’émission Midi les Zouzous diffusait la série ainsi que d’autres animés que j’ai découvert à cette époque. Je me souviens que je me mettais presque en retard pour pouvoir voir la fin de l’épisode, mais également un bout du générique de fin, avant de repartir à la hâte pour arriver à l’heure en cours.
J’ai continué à regarder les épisodes même après être entré au lycée…

J’adorais suivre les aventures de Doremi et de ses amies en tant qu’apprenties sorcières, chaque épisode avait quelque chose de spécial : la présentation d’un camarade de classe, un sujet abordé, un problème à résoudre…
Sans parler de la patte visuelle qui m’a particulièrement marqué : les scènes de transformation avec la petite musique entraînante, les animations mignonnes, les couleurs douces des décors, l’ambiance chaleureuse…
C’est une série qui a énormément d’épisodes et de saisons, et qui semble au premiers abords avoir un ton léger et très enfantin, alors qu’il traite parfois de sujets complexes et difficiles : le divorce, la phobie scolaire, les moqueries à l’école, les disputes avec nos amis, les difficultés pour se réconcilier avec nos proches, la relation avec nos parents…
J’y trouve une certaine tendresse vis à vis du traitement des relations humaines, qu’elles soient d’enfants à adultes, ou des enfants entre eux.
C’est pour toutes ces raisons qu’il a une place si spéciale dans mon coeur, même après toutes ces années.

Quand j’ai appris qu’un film Magical Doremi allait sortir, j’étais plus qu’enthousiaste !
Ca m’a fait extrêmement plaisir de voir que je n’étais pas le seul à me réjouir de cette nouvelle, qu’il y avait beaucoup de fans, mais également qu’on n’avait pas oublié Doremi après tout ce temps.
Il ne restait plus qu’à espérer qu’on puisse le voir en France !

J’étais totalement passé à côté de l’information que le film avait déjà été projeté lors du Festival d’Annecy en 2021.
Cette année, de nouvelles dates ont été annoncées : le 16 et 17 juin 2022, au Grand Rex à Paris, et dans des cinémas Kinepolis et CGR un peu partout en France.

 

La co-réalisatrice Haruka Kamatani ainsi que la productrice Hiromi Seki seraient toutes les deux présentes au CGR de Brignais, pour la séance du vendredi 17 juin 2022 à 20h15.
Etant à Annecy du 13 au 18 juin pour le festival d’animation… on a planifié avec des amis de faire le trajet pour aller le voir.

Nous sommes partis d’Annecy vers 16h45, ne sachant pas d’avance les aléas de la route, on a pris large de peur d’arriver en retard. Arrivés aux alentours de 18h30, nous nous sommes posés Au Bureau qui se trouvait à côté du cinéma pour dîner avant la séance.

20h15, nous étions dans la salle.
20h30, les invitées ainsi que le staff arrivent.
Après une présentation rapide et quelques mots sur le film, le public est invité à participer à un petit QCM concernant Magical Doremi sur Kahoot.
Une trentaine de personnes jouent pour tester leurs connaissances sur la série.
Après le film, les fans avaient la possibilité de poser des questions aux invitées.

Je me suis permis de retranscrire et retraduire une partie ce qui s’est dit lors de cette soirée.
Le travail d’interprète est vraiment complexe et je ne veux surtout pas balayer d’un revers de la main ce qui a été fait durant la soirée. En me basant sur les extraits vidéos, j’ai tenté d’y apporter plus de détails sur la subtilité des réponses.
La qualité de l’image et du son laissent à désirer (1/2), mais je reste ouvert à toute correction. N’hésitez pas à me signaler les erreurs dans les commentaires.

Hiromi Seki : Je suis très heureuse de venir en France à l’occasion de la projection du film, mais je ne pensais pas qu’il y faisait aussi chaud.
Haruka Kamatani : Je suis également très contente d’être ici, la ville est tellement belle que je pourrais imaginer une histoire commencer à n’importe quel coin de rue. Puisque j’ai eu l’occasion de venir, j’ai pris plein de photos qui seront utiles pour m’inspirer et créer un nouveau film et pourquoi pas, qui se déroule en France.
Hiromi Seki : Elle a mitraillé de photos plein d’endroits !

Q : Quels sont vos personnages préférés dans le film ?
Hiromi Seki : Mon personnage préféré est Mire.
Haruka Kamatani : Moi aussi. Je vous laisse deviner pendant le visionnage pourquoi.

Q : Quels sont vos ressentis sur les différentes projections du film ainsi que les conférences auxquelles vous avez participées ?
Hiromi Seki : Ca m’a fait très plaisir que le film soit autant apprécié en France.
Haruka Kamatani : Lors de la projection à Annecy, j’étais un peu anxieuse. Je me demandais s’il y allait avoir des fans de Doremi, ou s’il y allait avoir des gens qui viendraient voir le film. Est-ce que ça allait plaire au public Français ? Puis, le fait de voir en direct les réactions : que ça leur avait plu et qu’il avait passé un bon moment, ça m’a vraiment rassurée et permise de regagner confiance en moi. J’étais vraiment reconnaissante d’être à Annecy pour pouvoir vivre ça.
Hiromi Seki : La série était diffusée à la télévision française il y a environ 20 ans. Des fans m’ont montrée des photos d’elles à l’âge où elles avaient regardé le dessin animé. C’étaient des petites filles et aujourd’hui elles sont devenues de magnifiques jeunes femmes. Ca m’a beaucoup émue de voir qu’elles étaient venues voir le film, qu’elles étaient revenues voir Doremi une fois de plus. Certains fans m’ont même dit qu’ils avaient été aux lieux où se déroule le film, j’en ai eu les larmes aux yeux.
Haruka Kamatani : On avait déjà eu pas mal de retours sur le film au Japon, mais c’est à Annecy qu’on a eu le plus de réactions à chaud. C’est vraiment une expérience enrichissante de pouvoir vivre ça.

Q : Est-ce que vous travaillez sur d’autres projets actuellement ?
Haruka Kamatani : Je ne suis pas réalisatrice sur ce projet, mais je travaille sur l’adaptation en film du manga Slam Dunk. C’est l’auteur qui en est le réalisateur : Inoue Takehiko.
Hiromi Seki : Il a particulièrement confiance en elle.

Q : Quelques mots sur le film ?
Hiromi Seki : Les 3 personnages principaux sont des femmes mais j’espère que vous arriverez à vous reconnaître un peu en elles.
Lorsqu’on grandit, nos problèmes ne sont plus les mêmes que lorsqu’on était enfant, tout comme nos rêves.
En voyageant à travers tout le Japon, les héroïnes vont prendre du recul et affronter leurs soucis personnels pour remonter la pente.
C’est un film de magie pour les adultes. J’espère que vous passerez un agréable moment tout au long du film.
Haruka Kamatani : Vous le savez peut-être déjà, mais cette fois-ci, les héroïnes sont des petits filles qui regardaient Magical Doremi il y a 20 ans et qui ont maintenant grandi. Nous avons tous des moments d’hésitation dans la vie, malgré la différence de culture entre la France et le Japon, j’espère que l’histoire arrivera à évoquer quelque chose en vous.

Bernard a réalisé une bande dessinée « Magical Fami » inspirée de Magical Doremi, et a offert une version physique à Haruka Kamatani et Hiromi Seki.

Une fan a offert des bracelets fait-main en cadeau, que les invitées ont portés à leur poignet.

Question de la part de Kévin Stocker, le traducteur du film qui n’a pas pu venir.
Q : Plutôt qu’un énième film où on suit les mêmes personnages des années après la série originale, ce projet anniversaire prenait le parti de suivre de nouveaux personnages, des fans de la série Doremi. En cela, vous en avez fait un film de rapport à la passion de manière générale, mais surtout le rapport d’un adulte et ses passions d’enfance subsistantes. Est-ce volontaire, ou non ? Si oui, comment vous est venue l’idée ?
Hiromi Seki : Les enfants qui regardaient Doremi à l’époque, ont grandi et sont maintenant des adultes. Les inquiétudes et les problèmes évolulent avec l’âge, mais pas que, nous avons aussi de nouveaux rêves.
On ne voulait pas faire un film destiné aux enfants, mais plutôt un film qui s’adresse aux adultes qui ont conservé une perle de magie en eux.
Cependant, on a procédé à la même méthode que pour la création de la série Doremi. À l’époque, on avait questionné les enfants Japonais sur ce qu’ils trouvaient mystérieux, amusant, ou triste. Cette fois-ci, on a questionné des femmes et c’est sur ces réponses récoltées que nous avons créé les 3 personnages de ce film qui sont très encrées dans la réalité du 20ème siècle.

Q : Quel est votre personnage préféré dans Magical Doremi ?
Hiromi Seki : On me pose souvent cette question, je les aime comme mes propres enfants et je n’en ai pas un que j’apprécie plus ou moins que les autres. Il y a un peu d’eux dans les trois personnages du film.
Haruka Kamatani : Concernant les trois filles, je me suis basé sur ma relation et mon expérience avec deux de mes meilleures ami.e.s avec qui je voyage beaucoup. Je me suis inspiré de l’ambiance, des interactions et des bons moments que j’ai pu vivre en leur compagnie.

Q : Comment tout a commencé ? Qu’est-ce qui vous a inspiré le personnage de Doremi , cet univers et tous ses ami-e-s ?
Hiromi Seki : À la base, Doremi et les autres filles ont été crées par Junichi Sato (co-réalisateur de la série), Takashi Yamada (scénariste) et moi-même. Par exemple, la relation de Doremi et sa petite soeur est inspirée de ma propre relation avec ma petite soeur, des interactions entre les deux filles de Junichi Sato, et des deux filles de Takashi Yamada.
Sophie (Ai), le personnage en bleu, est basée sur une connaissance de Takashi Yamada.
Mindy (Momo), celle qui aime faire de la pâtisserie, est également basée sur une connaissance.
Pour Loulou (Onpu), on voulait créer un personnage qui est une enfant mais qui a un pied dans le monde des adultes.

Q : Combien de temps ça a pris pour faire tous les dessins ?
Hiromi Seki : Après l’écriture du scénario, ça a pris 2 ans et demi.

Q : Après la série animée, la suite est sous le format de Light Novel. Est-ce que c’est en projet d’adapter cette suite ?
Hiromi Seki : La suite est effectivement déjà écrite sous le format de roman, et cela fait un moment que nous souhaiterions l’adapter, mais il va falloir attendre encore un peu…

Le staff avait préparé un cadeau pour les personnes qui se sont déplacées jusqu’à cette séance exceptionnelle : un poster de l’affiche du film, dédicacé par Haruka Kamatani et Hiromi Seki !

Sans tout divulgâcher, j’ai trouvé que c’était un très bel hommage à Doremi, même les non-initiés à la série peuvent l’apprécier et passer un agréable moment. C’était drôle, malin, et touchant. La nostalgie a frappé en plein coeur et j’en ai chialé de bonheur à plusieurs reprises.

Après ce moment intense en émotions, des étoiles et de la magie plein les yeux, nous avons repris la route pour retourner à Annecy.
Je ne sais pas si c’est réaliste d’espérer que le film soit projeté à de nouvelles dates en France, peut-être une édition physique en blu-ray, qui sait ?