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Des tomates cerises sur un balcon d’appartement

Posted on 7 Sep 20267 Sep 2026 by Lau

Lorsque je vivais en région parisienne, j’habitais un appartement avec un petit balcon d’environ 2m². L’année du COVID, je me suis essayé à faire pousser des tomates cerises et voici mon retour d’expérience.

C’est toujours un peu intimidant de commencer à faire pousser des légumes quand on a aucune expérience en la matière.
Personnellement, j’étais assez frileux d’acheter des plants tout prêts, de peur qu’ils finissent par mourir au bout de plusieurs semaines, et acheter des graines était psychologiquement un coût que j’avais du mal à accepter, pour les mêmes craintes de ne pas réussir à les faire germer correctement.
Ce qui m’a poussé à expérimenter, c’est un don de graines qui traînait dans une boîte dans l’association de permaculture où j’étais. Un papier toilettes avec des graines mises à sécher dessus, alignées par rangées, annoté au crayon « 2016 ». Elles provenaient d’une culture personnelle biologique d’un adhérant mais leur probabilité de germer était assez faible vu leur année. On m’a encouragé à tenter ma chance. Elles m’étaient destinées, moi qui adore récupérer ce qui va être jeté ou ce qui est inutilisé.

Pour démarrer, j’ai juste posé le papier toilettes sur du terreau humide que j’ai arrosé avec parcimonie régulièrement. La magie a opéré quand j’ai vu les graines sortir de terre et faire leurs premières feuilles.

Conditions propices.
Mon appartement était particulièrement lumineux, j’étais au 11ème étage avec des grandes fenêtres. Les températures au début du printemps étaient idéales pour faire pousser des plantes car les vitres faisaient un effet verrière et serre.
J’ai eu rapidement un problème de place quand les pieds ont commencé à grandir et faire une certaine taille. J’ai dû les séparer, et les mettre dans des bacs plus grands avant que les racines ne se développent trop et s’entortillent entre les différents pieds. C’était également mieux pour que chaque plant de tomate cerise puisse grandir en ayant de l’espace, que ce soit sous terre ou en dehors.
A ce moment là, j’ai fait avec ce que j’avais à disposition : des bacs en plastique de récupération de type alimentaire. Tout récipient faisait l’affaire. On avait même récupéré du terreau au bord d’une route, dans un parc. Quelqu’un s’était débarrassé d’un énorme pot de fleur en déversant la terre sur la pelouse.
C’était beau et très satisfaisant de voir tout ça prendre vie à partir de la graine minuscule. La croissance était fascinante à observer. Pour commencer, j’avais utilisé des pots en plastique de compote de pommes pour chaque pied de tomate cerise. La quantité de terre, la température et le taux d’humidité assez faible faisaient que le pot était tout sec chaque jour. Il n’y avait aucun risque de noyer les racines et les faire pourrir. J’avais mon petit rituel matinal d’arrosage.

Des pots en terre cuite.
L’étape suivante fut l’achat de vrais pots de fleurs, en terre cuite.
C’était rigolo d’avoir mes pieds de tomate cerise dans des bacs en plastique, mais il fallait se rendre à l’évidence qu’ils allaient manquer cruellement de place, surtout quand les plants ont commencé à faire plus de 15cm de hauteur. Les racines allaient rapidement être à l’étroit.
Quitte à acheter des nouveaux pots, ce n’était pas excessivement plus cher de choisir la terre cuite comparé à des bacs de jardinage en plastique. L’avantage principal c’est que ça permet à la terre de bien respirer même si l’humidité s’évapore plus rapidement. A mon avis, c’est ce qu’il y a de plus sain pour la plante et plus durable dans le temps car le plastique a tendance à s’abîmer et se fissurer.
D’autre part, écologiquement, un vieux pot cassé reste un matériaux naturel.
Ils faisaient en moyenne 19cm de diamètre pour chaque pied de tomate cerise.
Ce n’est pas énorme et pourtant ça suffisait pour que la plante s’épanouisse.
Plus le pot est petit et plus il faut être vigilant sur l’arrosage, la terre à tendance à sécher plus rapidement car la quantité de stockage est moindre.
De plus, en extérieur la circulation de l’air est plus importante, ce qui accentue l’évaporation. Par exemple, en plein été, on était sur une fréquence d’arrosage de 2 fois par jour : le matin avant que le soleil ne soit trop haut, et le soir pour éviter l’évaporation en pleine journée.
Je trouve l’arrosage assez simple à évaluer avec les pots en terre cuite et leur coupelle, personnellement j’arrosais quand je voyais que la coupelle était vide et sèche. Il n’y avait pas besoin quand la coupelle contenait un fond d’eau. La terre pouvait absorber par capillarité à son rythme. Avec ce repère et cette technique, normalement ça annule tout risque de trop ou pas assez.

Dehors ou dedans.
Lorsque la saison a commencé a être assez chaude et les pieds biens développés, on a pu songer à les déménager en extérieur. Comme c’était ma première fois, j’ai souhaité faire un test témoin en mettant certains pieds de tomate cerise dehors, et d’autres en attente à l’intérieur.
Je craignais les saints de glace dont on m’avait parlé, la fameuse période froide fin mai qui peut faire du mal aux jeunes pousses, donc par mesure de précaution, si jamais je les avais déménagé de manière trop prématurée, il resterait des survivants dedans.
J’ai observé que les plants en extérieur avaient tendance à moins « filer », c’est-à-dire qu’elles montent moins en hauteur et leurs feuilles sont moins chétives et claires. Mon hypothèse c’est qu’elles reçoivent moins d’UV avec les fenêtres qui en filtrent une partie, malgré la luminosité aveuglante dont je profitais.
Celles sur le balcon renforçaient leur tige principale, et prenaient une belle couleur verte foncée. Je suppose qu’elles développaient également mieux leur système racinaire. Quoiqu’il en soit, elles appréciaient la lumière sans filtre et l’air de dehors.
Au fur et à mesure, j’ai fini par mettre tout le monde dehors, ce qui a fait beaucoup de bien à mon salon.

Agencement de l’espace.
J’ai été confronté à l’absence d’organisation de l’espace du balcon. En premier lieu, je ne le trouvais ni joli, ni accueillant. Ca me dérangeait à chaque fois que j’étais de corvée d’arrosage. Puis, ça manquait d’une petite table pratique pour surélever les pots et permettre de ranger tous les outils de jardinage ainsi que stocker le bazar en dessous. En réalité, ne pas avoir à se baisser et s’accroupir lors de l’arrosage, est un confort pas négligeable.
On a fini par fabriquer nous-même ces deux projets qui ont grandement amélioré notre expérience d’entretien, et en bonus ça nous a permis de profiter pleinement de notre balcon, car avant, on n’y allait presque jamais.

Paillage.
Pour éviter la perte d’eau avec l’évaporation, surtout en plein été, j’avais « paillé » pour limiter le phénomène. Personnellement, j’ai utilisé des billes d’argiles pour tapisser le dessus de mes pots car j’avais que ça sous la main et j’aime pas faire des dépenses. Un voisin utilisait des morceaux de carton d’emballage récupéré dans la poubelle recyclable de l’immeuble. Tous les moyens sont bons.

L’arrosage.
Pour éviter d’utiliser trop d’eau, j’avais un système très artisanal de récupération de notre eau grise, principalement l’eau de la douche. En appartement, j’ai pas trouvé mieux que d’utiliser des bouteilles en plastique.
C’était une baignoire donc ça facilitait le stockage, il suffisait juste de fermer la bonde pendant la douche pour pouvoir ensuite récupérer l’eau usée. Je reconnais que c’était un peu fastidieux de faire les aller et retours jusqu’au balcon.
J’estimais qu’il n’y avait pas beaucoup de produits chimiques en me lavant avec du savon solide et que ça restait assez sain pour la plante. Ma théorie c’est que les différentes couches supérieurs de billes d’argile et ensuite la terre dans le pot, permettaient de filtrer les particules comme les peaux mortes et le reste de savon, qui restaient en surface pour sécher et se décomposer à l’air libre. L’eau avec les nutriments est absorbée par les racines. Techniquement, ça ne devrait pas nuire à la plante. Il m’arrivait aussi de faire pipi durant ma douche, avec toute l’eau utilisée, ça permettait de diluer comme il fallait et apporter une dose d’engrais naturel.
Je vais peut-être dégoûter, mais lorsque j’avais mes règles, je diluais également mon sang pour pouvoir nourrir mes tomates cerises. Rien ne se perd, tout est engrais.
Attention, cette démarche était expérimentale et personnelle. Vous engagez votre propre responsabilité si vous souhaitez reproduire ces méthodes.

Avantage et récolte.
Lorsque les pieds se sont développés et ont commencé à monter assez haut, c’est devenu une sorte de rideau végétal qui était super appréciable en été.
On a été extrêmement gâté par la récolte.
J’étais impressionné par la quantité de tomates cerises dont on a pu profiter pour une première expérience, et avec le peu de surface qu’on avait a disposition.

Conservation des graines.
J’ai utilisé la même technique de la feuille de papier toilette, mouchoir ou essuie-tout. J’ai sélectionné quelques tomates pour récupérer les graines, une à une, que j’ai aligné soigneusement pour qu’elles sèchent. J’ai noté l’année de la récolte et le nom au crayon, et voilà. Plus qu’à attendre le printemps suivant pour recommencer l’aventure. Comme disait un ami : il n’y a jamais assez de tomates cerises.
L’année suivante, j’ai donc semé à foison pour en avoir plus !

Entretien en hiver.
En fin d’année, j’ai laissé les pieds mourir de leur belle mort, dans leur pot.
Pour que le balcon soit plus propre et présentable, j’ai coupé au sécateur les plants en morceaux, qu’on peut donner à un lombricompost ou à un compost.
Moi, j’ai tout mis dans un énorme pot de fleurs en plastique qui me permettait de stocker le surplus de terre. J’ai démoulé la terre du pot de terre cuite qui formait un joli bloc plein de racines. Le tout était tellement sec qu’il suffisait de presser et casser la motte pour qu’elle se désagrège.
J’ai fait ça avec tous les pots de plantes et j’ai rempli le pot géant de stockage. On peut mélanger et laisser reposer le tout sur le balcon pendant l’hiver.
J’ai remarqué qu’au printemps, ça fait du super terreau pour les semis.
Les pots vides sont alors empilés et stockés sur le balcon, en attendant sagement la prochaine utilisation.

Conclusion.
On peut penser qu’on a pas assez de place et que des tomates cerises n’arriveront pas à pousser ou à donner des fruits dans des petits pots sur un balcon mais voici la preuve que c’est possible !
Mon retour d’expérience permet de démontrer qu’un pot de 19cm de diamètre peut suffire à un seul pied. Ça nécessite juste un peu d’investissement en temps, de l’amour, de l’eau et d’observation. Moi, j’ai ajouté le pipi et le sang en bonus.

Je conseille fortement de prendre des pots en terre cuite. Mettez toutes les chances de votre côté.
On déconseille et à raison de ne pas utiliser de pots qui n’ont pas de trou.
Aujourd’hui je suis dans un autre appartement avec principalement des pots en plastique sans trou au fond, ni coupelle. Toutes mes tentatives de semis ont échoué. Peut-être parce que je n’ai pas de balcon et aucun moyen de mettre des bacs en extérieur. Mon ancien appartement m’a induit en erreur que c’était hyper simple de faire pousser des trucs. J’avais même réussi à faire pousser des oeillets d’Inde dans des récipients en verre.

Il y a plusieurs pistes et causes pour que ça ne fonctionne pas : trop d’eau, pas assez d’eau, le taux d’humidité, la température qui ne convient pas… La composition de la terre : argileuse, sableuse, pas assez de nutriments ?
Il n’y a qu’un seul moyen de savoir : expérimenter ! Tenter sa chance ! Il y a parfois des plantes qui se plaisent chez nous, et d’autres non. Il faut s’armer de patience et de persévérance, mais les résultats sont très gratifiants.

Petite anecdote sur ces graines de tomates cerises de 2016 que je continue de reproduire chaque année depuis 2020. Le monsieur qui m’en a fait don et qui les cultivait est décédé depuis. Je ne sais pas du tout de quelle variété il s’agit, je sais juste qu’elles étaient bio. J’ai une douce pensée pour lui de m’avoir donné la chance de commencer et m’initier au plaisir de faire pousser et consommer le fruit de notre labeur. Son héritage continue de vivre.

Les souvenirs du balcon de cet appartement restent gravés chaleureusement dans un coin de ma mémoire.
Je suis heureux d’avoir enfin pu rédiger cet article qui me permet d’archiver cette aventure francilienne.
J’espère que mon témoignage et les preuves en photo donneront envie de s’y essayer, et que mon expérience puisse aider ou éclairer.

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